Des flics te disent : « monsieur, vous êtes alcoolisé ».
Des travailleurs sociaux se disent : « ouais mais untel il est alcoolisé dès dix heures du matin ».
On entend chez divers professionnels que l’alcoolisation de certains est dramatique.
Bon, d’accord. C’est parfois difficile en réunion, face à un usager ou pour les flics face à une victime (ouais hein, c’est cool les préjugés ? Pis attends, j’en ai un wagon comme ça), de sortir que Machin est bourré comme un coing, que Truc est une cheularde en phase terminale ou que Bidule est un poivrot massif.
Avant, on disait que ces personnes étaient alcooliques. Ou alors on disait « mais vous avez bu ! ». Quelque chose dans ce genre.
Moi je joue aux cons. Voilà, quand on me dit que monsieur Lambda est souvent alcoolisé, je me dis des choses.
On disait avant d’une boisson qu’elle était alcoolisée. Et voilà soudain qu’on utilise les mêmes termes pour parler de personnes. Ça veut dire que si je bois les paroles d’une personne qui a bu, je vais rouler dans le caniveau dans pas longtemps ?
Sommes-nous en face d’un cas intéressant de novlangue ? Un chouette terme très lisse qui gomme la personne et la réduit à son état ponctuel (ou chronique) ? Un dire pour ne pas dire ?
Je n’arrive pas encore à cerner pourquoi, mais j’ai un recul instinctif devant ce terme appliqué à une personne. Ce qui servait à qualifier une boisson, un liquide, au final une chose, qualifie aujourd’hui une personne… dans le travail social, j’entends de moins en moins le mot « alcoolisme », et de plus en plus « alcoolisation »… certes, « alcoolisation » peut avoir une connotation plus ponctuelle que « alcoolisme » qui peut aussi, et peut-être plus encore réduire la personne en l’occurrence à sa pathologie. Mais du coup, les « alcoolisés » ponctuels sont englobés dans la notion, implicitement…
Rah, je suis englué avec ce terme qui m’est assez nouveau, mais que je ne sens instinctivement pas, sans parvenir à pousser plus loin. C’est con mais ça me tracasse. Voilà. J’avais envie de soumettre ça aux gens qui passeraient et qui auraient une idée sur la question, même si elle est du niveau de celle d’un type qui s’alcoolise au zinc du coin.
Bon, le principal, comme disait Cavanna, c’est que « le pinard, c’est d’la vinasse », et qu’on ne se noie pas dans la jolie société de coincés anti-tout-ce-qui-fait-la-vie, et des culs serrés qui boivent du vin de merde en disant que c’est pas du vin. C’qui compte, c’est pas le vin, c’est les gens, et le contexte qui fait le beau aux alentours. Et pour citer, puisque je suis citation, ce soir, Nino Ferrer, « Oh, eh, hein, bon ! » (on notera en passant que ce n’est pas sa citation la plus heureuse, et d’heureuses, il en a pourtant, et que lui-même l’aurait sûrement volontiers désavouée… je précise car j’ai une étrange affection pour le gars Ferrer, paix à son âme et toutes ces foutaises).
Et comme disait l'aut', aussi, "Dis-toi bien que si quelque chose devait me manquer, ce ne serait plus le vin, ce serait l'ivresse !".
Oulah, un vieux texte de 2004. Je croyais que je l'avais déjà placardé ici, et puis on dirait que non. en tous cas je le retrouve pas...
Sûrement que toutes les idées qu’il avait eues, avant, valaient la peine d’être défendues, mais là, ici, maintenant, de quelle utilité lui étaient-elles ? Qui trouverait le moindre intérêt à réclamer la grève générale, à aller monter un commando contre les briseurs de grève ? qui ?
Il allait travailler aujourd’hui pour la dernière fois. La toute dernière. Il ne savait pas s’il devait s’estimer heureux d’avoir été de la génération de ceux qui s’usaient la vie sur des machines monstrueuses et d’échapper aux règles des nouvelles générations qui connaissaient l’intérim, les contrats d’insertion, les formations à la con, le PARE, le CNE, le CPE, la nouvelle performance et toutes ces foutaises à la con. Qu’est-ce qui valait le mieux ? Bien sûr, il avait la tentation de se dire « au moins de mon temps, on s’entraidait, et surtout, on était fiers d’être ouvriers… ». Il avait envie de se le dire, envie de se laisser aller à ça, et c’était largement plus simple.
Mais tout était là, devant lui, il n’avait qu’à ouvrir les yeux : l’atelier, immense hangar en partie désaffecté, à la toiture chancelante, l’atelier gris, noir, sale, humide, poussiéreux... une carcasse en train de mourir, c’était de ça qu’il devait se sentir fier ? Fier d’avoir été ouvrier… ailleurs peut-être, dans une autre époque… pendant quelques mois en 1917… pendant quelques semaines en 1936… pendant quelques jours en 1948… et puis après ?
Que ce soit en URSS, en France ou aux Etats-Unis, les ouvriers avaient continué de crever sur leurs machines les poumons défoncés, la peau crevassée, la tête en bouillie. Pour des idées… on envoyait les hommes à la guerre, pour des idées, et puis on les envoyait à l’usine aussi. Mais rien n’avait changé. Il savait que son départ à la retraite était souhaité par la direction de l’usine, il savait que depuis dix bonnes années, bien des choses avaient été tentées pour virer les plus anciens, qui ne tenaient pas les cadences. Marco, Jean, Habib, Hugo, Pedro, Lucien, Wojtek, tous avaient été renvoyés ou bazardés en préretraite les uns après les autres pour divers motifs très légers. Pour les premiers, on s’était mobilisé, à l’atelier, on s’était serré les coudes, pour résister. C’était en 1987 que ça avait doucement commencé, avec Hugo. Leur révolution perdue, des anciens étudiants contestataires, reconvertis dans le business et les ressources humaines, faisaient des coupes claires dans les usines, comme pour punir les ouvriers d’être restés méfiants en 68, d’avoir préféré se fier à l’Humanité qu’à eux. Les premiers temps, oui, il y avait eu la solidarité, encore. Et la CGT locale y croyait encore un peu.
Et puis ça s’est délité très vite. Tout s’est effondré en quelques années, murs, soviétiques ou pas, PCF, CGT et atelier. A force de prendre des coups, la solidarité est partie dans le même évier que la révolte, direct dans le trou. On ne disait plus rien. On avait peur d’être le suivant. On se faisait tout petit.
Assommé. Il était assommé. Il n’en pouvait plus.
Il était arrivé jusqu’au bout, lui, avait passé le cap de l’an 2000, et pouvait s’en aller profiter de son pavillon dont il payait encore les traites, de sa famille. Sa famille… ça voulait dire quoi ? Sa vie elle s’était déroulée ici, à l’atelier, ici, au local syndical. Sa famille… son corps était soulagé de penser qu’il allait avoir maintenant quelques années avant la mort pour essayer d’oublier les contraintes endurées pendant quarante longues années sur ces machines. Mais son esprit taillait la campagne dès qu’il essayait d’imaginer les journées longues, très longues, avec sa femme, le chien, dorénavant, les longs moments à ne rien se dire, parce qu’ils n’avaient rien à se dire. Le chien. Ce vieux clebs qui remue la queue quand on lui parle mais qui ne comprend rien. Rien à rien.
Il ne lui restait même plus le syndicat. Il avait quitté la CGT bien plus tôt. Et le PC aussi. En 1989. Il n’y croyait plus. Budapest, Prague, la répression à Berlin, l’Afghanistan étaient venus lentement à bout sa foi. La Perestroïka, Gorbatchev avaient été un grand espoir pour lui de voir enfin se terminer la guerre froide, mais on oubliait que c’était aussi la défaite morale de millions d’ouvriers qui avaient cru pour quelques-uns, jusqu’au bout, que l’URSS était la terre du socialisme accompli, réel, que c’était, malgré tout, encore possible. Finalement… les anarchistes avaient peut-être raison, à l’époque. Peut-être.
Les jeunes ne voulaient plus être ouvriers, ils en exaltaient le mythe pour se donner un genre, et puis des visages du Che partout, qui était pas la moitié d’un ouvrier, des étoiles rouges, des CCCP et autres icônes. Et ils étaient fiers de les porter ; non pas pour ce qu’ils représentaient, mais seulement fiers d’eux-mêmes, fiers d’être assez extravertis pour oser porter ça et les envoyer à la face d’une société dont les élites, faussement effarouchées, possédaient toute la batterie nécessaire de produits et de carrières pour les faire rentrer dans le droit chemin le moment voulu. Ces jeunes qu’il aurait parfois voulu tuer n’auraient pourtant pour rien au monde admis de foutre les mains dans la graisse de l’atelier, ne serait-ce que cinq minutes. Le visage du Che se confondait avec les autres images des spots de pub et n’était pas très différent de celui de Johnny. C’était d’abord un t-shirt à la gloire de qui le portait.
Et puis donc le mur était tombé. Et l’immense aveuglement avait cessé en quelques minutes. A l’époque, il avait été soulagé. Que tout ça s’arrête enfin. Ce malaise. Cette hypocrisie. Il savait depuis des années sourdement que la tromperie était colossale, et ne rêvait coupablement que de la fin, que ça cesse enfin, qu’il soit libéré, même si les droitiers s’étaient bien foutu de sa gueule et lui avaient même dit qu’il avait à sa façon soutenu des génocides en URSS et ailleurs.
En quittant le syndicat, puis le parti, il avait perdu beaucoup d’amis. Quand tu as vécu avec et pour le syndicat pendant une grande partie de ta vie, que tu le quittes, tu perds en même temps toute sa sociabilité, les gens ne te parlent plus, tu croises dans la rue untel de la cellule de l’entreprise X, il ne te regarde plus. Tes amis syndiqués s’éloignent. Tu y perds beaucoup. Ton réseau de vie s’effondre.
Passer les longues journées avec sa femme. Son chien. Dans le pavillon en banlieue. La panique le prenait aux tripes tandis que Mohamed débouchait le crément bon marché dans l’atelier.
« Allez, vieux, à ta santé, à ta retraite ».
Il paniquait, ça montait dans sa gorge, ça montait très vite, sa respiration devenait saccadée. Les autres étaient là, autour de lui, des étrangers. Il se sentait partir, comme lentement en train de devenir invisible. Il était déchiré. Cesser ce travail de bête. Sa femme. Son chien. Son pavillon. Le crément était acide. Le chef d’atelier arrivait.
« Eh bah salut, j’suis content d’avoir travaillé avec toi ». Serrage de main.
Et il repartit aussitôt, sans oublier de dire aux gars que c’était une pause exceptionnelle pour son départ, et qu’il faudrait penser à s’y remettre bientôt. Personne n’avait rien dit, d’abord. Guillaume, encore à la CGT, avait lancé un peu fébrile un « vous inquiétez pas chef ! » enjoué. C’était trop. Il les voyait eux tous, déjà morts, et lui invisible. Il n’y avait plus rien.
Il quitta l’atelier sous des saluts qui l’exhortaient à revenir les voir de temps en temps.
Et voilà, c’était fini. Il passa chez Daniel, au coin de la rue, et commanda un blanc. Comme tous les jours. Ici aussi on savait. On lui parlait. Retraite. Bon temps. Temps. Pêche. Vacances.
Et lui pensait : sa femme ; son chien ; son pavillon. Longues journées.
Avoir été ouvrier. Fier. Fier d’avoir été exploité, manipulé, paillassonné, humilié, flatté, loué par les uns et les autres, souvent les mêmes. Fier d’avoir été le larbin des patrons. Fier d’avoir été le larbin de la CGT. Fier d’avoir été trompé par Staline et Thorez et leurs successeurs. Fier d’avoir crû en ce qui s’était effondré en quelques mois après l’avoir trompé des dizaines d’années.
Fier d’avoir perdu sa vie à s’esquinter sur une machine. Fier d’avoir une femme. Un chien. Un pavillon.
Après un second blanc, il mit les voiles. A la baraque de pêche, au bord de l’étang, sous l’autoroute, il trouva de la corde. Solide. Bien faite. Du bon travail de manufacture…
Actuellement à la recherche d’un emploi, je vous contacte afin de vous proposer mes services de mercenaire chevronné. En effet, diplômé de l’Ecole Internationale de Dézingagede Beslan, j’ai déjà nettoyé de leurs rebelles de nombreuses régions, mettant de ma propre initiative en application la méthodologie des forces spéciales russes, célèbres pour leur éradication des minorités ethniques à l’arme de destruction massive.
Je maîtrise l’éventail des outils nécessaires à l’accomplissement de ma tâche, ayant appris la machette au Rwanda comme l’arme nucléaire en Corée du Nord. Cela dit, je suis capable de mesure, la bombe à fragmentation et bien entendu les mines faisant partie de mes outils intermédiaires favoris.
Votre annonce laissait entendre que vos difficultés étaient un véritable défi pour qui sera embauché : je souhaite, à vos côtés, le relever, et faire disparaître les terroristes qui vous ennuient. L’expérience accumulée aussi bien au Nicaragua qu’au Chili en ce domaine (ainsi que lors d’un stage chez les paramilitaires colombiens et d’une formation en alternance à l’Institut Supérieur de la Décolonisation Durable) est mon meilleur argument. Mon kill ratio particulièrement élevé a été salué par de nombreuses récompenses, dont le prix Ariel Sharon 2002 de Dissuasion à l’Indépendance.
Cela dit, et bien que ma spécialité soit la destruction d’unités organiques à grande échelle, je possède une solide formation en Tractations Occultes (libération d’Ingrid Bétancourt, libération de Florence Aubenas...) et Force de vente avec commissions effectuée auprès de l’Université Charles Pasqua (UFR de la Françafrique), et sanctionnée par une thèse sur les relations discrètes entre la France et le Gabon, sous la direction du docteur Dumas. Actuellement, j’envisage d’entamer un doctorat en réhabilitation de tyran en partenariat avec le National Geographic et le gouvernement français (thème suggéré par le professeur Bernard Kouchner: « Kadhafi, itinéraire d’un Bougnoule utile »).
En vous souhaitant bonne réception de ce courrier, et espérant bientôt vous rejoindre à la Maison Blanche, ou tout autre siège de pouvoir, veuillez agréer, madame, monsieur, l’expression de ma considération distinguée.
Vu hier "Frayeurs", dont le titre traduit est un peu con-con. L'original, c'est "Paura nella città dei morti viventi". Bon, ça se discute aussi. C'est de 1980.
Nous avons face à nous le second volet d'un genre de trilogie du réalisateur italien Lucio Fulci. Et ça va être à la fois compliqué et simple de vous raconter de quoi ça cause. Compliqué, parce que le scénario est vachement bizarrement déroulé, et malgré sa simplicité, c'est un peu le bordel. Je pense que ce sentiment de confusion est dû au montage assez barbare de l'ensemble, avec des coupures ultra-bourrines en pleine action (parfois avant même que l'on comprenne vraiment ce qu'on voit) et en plein apothéose musicale... la musique, j'en reparlerai... on peut se dire que c'est trop un parti pris, mais on peut se dire que c'est aussi une histoire de un peu bâclé, de temps qui manque, de budget court? En tous cas, la trame narrative est rugueuse comme du papier de verre et le rythme assez chaotique quoique globalement lent.
Donc? Film. Italien. Horreur. Budget limité. 1980. Ouh! ça met la puce à l'oreille...
L'histoire, c'est que y'a un curé qui se pend dans un petit village "maudit", ça ouvre une porte de l'enfer, ça réveille un peu les morts, et ça tue des gens. Des autres gens, dont on a toujours pas bien compris l'implication, ont la révélation de ceci lors d'une séance de spiritisme assez psychédélique à New York, et alors que ça commence à être bien gore à Dunwich, le village, ils débarquent pour fermer cette porte. Le tout sans le début de la moitié de second degré.
J'avoue que je suis resté bouche bée devant cet OVNI invraissemblable, bourré de coupures et de raccords à la tronçonneuse (ce qui donne un tas de scènes dont je cherche encore l'utilité), d'acteurs assez mauvais (en plus, j'ai vu la VF au doublage sous tranxène), de musiques synthétiques criardes et hallucinées, mais finalement, une bouche bée positive. Ce film a été même un plaisir à regarder: en fait, son côté traînant, brutalement chaotique, l'inventivité des effets spéciaux (le méchant me regarde, ouh, du coup je pleure du sang et une manifeste tête factice qui me ressemble vaguement régurgite mes intestins! C'est ballot...), la lenteur de l'action, certains plans assez déjantés mais bien vus, la photographie au gros grain de gros sable, ça aide à faire du poids, et pour le coup, si ça ne fait pas vraiment peur, ni vomir, eh bien, c'est très pesant, l'ambiance est glauque et saturée, implacable, et disons que je recommande vivement aux amateurs du genre la vue de ce petit bijou qui arrive à faire son effet à travers la jungle de ses défauts. Et sa fin vraiment incompréhensible. Enfin, moi, j'ai pas compris.
(la scène de la tempête d'asticots est complètement surréaliste...)
J'pense que soit on a aimé, soit on a détesté profondément ce film. Dur de trouver ça juste "pas mal"...
Y'a une môme là où j'bossais un jour, elle a pondu ce manuscrit. Je viens de le retrouver. J'avais oublié son existence. Ça date déjà. J'me souviens plus du contexte. J'ai juste ça entre les mains. J'me souviens même plus c'que je fous avec ça.
"1992 J’arrive au monde
Née dans l’54 et à 9 piges, je commence à fumer, à boire et à insulté mes rons.
Et là j’en ai marre, marre de cette vie toute noire à boire à y goûter tous les jours. Dès fois j’me dit c’est la plus grosse connerie de venir au monde. Mon dabs l’enculé se prend pour un roi mais en fait c’est un pauvre gars mais y comprend pas et maintenant vu qu’il est parti, ma mère dit à mon frère t’es l’homme de la maison et y m’frappe tout le temps pour un rien. J’en ai marre les jours avancent et chaque jour cette mort j’y pense, et de penser j’ai plus la force pris dans l’écorce ch’comprends plus rien en tous cas plus rien de bien, je pense à toutes ces années quand j’étais gamine main dans la main mais à présent seule dans le bain et toujours c’est la même question qui, quoi, quand on va réaliser cette fois en disant sans raisons à la vie j’ai plus d’illusions et de toute façon ma mort restera toujours une question mystère et passion les jours s’écoule l’angoisse me saoule pense à mes potes coincés entre 4 murs sur chacun une étiquette un maton qui me guette qui court vite d’un terrain de basket sans panier avec un filet qui nous rappelle la clôture qui nous encercle la poussière qui me prend à la gorge chaque jour chaque nuit cette cellule m'égorge. Lentement chaque seconde la douleur prend ma main toi crois en moi garde moi dans ton cœur malgré toutes ces douleurs je partirai comme une battante et non comme une perdante la vie m’a trahie voilà une partie qui est finie tôt ou tard rêver de ne plus faire ces cauchemards tous ces mensonges
J’en ai marre marre de voir des hommes dégoûtés par ma peau noire mes yeux ne voient plus, mes oreilles n’entendent plus mes larmes coulent non je n’peux plus, plus résister à tt ça la tête entre les mains j’me sens si morte et l’envie de m’éloigner de ce destin me laisse guider par mon instinct larmes dans les mains celui que j’ai volé hier au gardien c’est le trousseau de clés être en possession de sa propre vie mais pourquoi la vie m’a jugé ainsi dans ma tête ce mélange 1000 soucis mon corps tremble (pan !) et là j’entends une voix qui me demande de m’approcher.
J’en ai marre d’entendre les Fr. dire que les gens viennent en France pour l’allocation c’est pas vrai alors pourquoi on voit des étrangers dans les chantiers si on n’était pas là qui va construire vos belles maisons ? Pourquoi l’enculé de Sarko est raciste ? Donne sa vie en débit ? Pourquoi à la télé on dit un Arabe a braqué une banque et on dit pas que les Fr. font des conneries aussi ?"
Hommage à elle. J'espère que des tas de trucs biens pour elle depuis. J'en saurai sûrement jamais rien. La vie vue comme un panneau de basket sans panier. La frustration. Elle vivait en foyer, m'semble bien. La môme.