19 nov. 2008

Les anarcho-autonomes et la béatitude


[texte manuscrit du 14 novembre 2008]


En écoutant du Diego Pallavas, « Vosgian Force ».


7H17 le matin.


Brouillard.

Encore un peu assommé par les articles d’hier sur le mouvement « anarcho-autonome ». La psychose d’une société qui a tellement besoin de donner un nom à tout pour le ranger dans sa p’tite case et au final parler d’autre chose en avançant à pas feutrés. Étonnant. Triste. Effrayant. Absurde. La mise en cause de L’Insurrection qui vient, livre intelligent qui, si je ne partage pas toutes ses conclusions (ouais pas mal quand même), donne à respirer un peu d’air frais entre Christian Jacq et Jacques Attali, est considéré comme si c’était le manuel qui mettra fin à la civilisation… loin s’en faut…


Enfin, on l’a retrouvé chez les présumés fauteurs de troubles et c’est manifestement suffisant.

Y’a eu une époque, c’était les rôlistes et Marylin Manson. Filon épuisé. On revient aux bonnes vieilles valeurs anarchistes : bonnes gens, si vos enfants sont anarchistes, pensez à l’euthanasie !


Question de priorités. Mais je suis fatigué des amalgames malhonnêtes et construits de toutes pièces dans les journaux d’actualités dominants, qu’ils le veuillent ou non fidèles relais gouvernementaux. Fatigué des stigmatisations faciles dont notre inepte président, et malheureusement pas que lui, ni sa seule « majorité » (ah ah), sont les malhonnêtes spécialistes, dénonçant tout et n’importe quoi dans le désordre en fonction de la prochaine réforme bordélique et stupide contenue dans les cartons de l’UMP. Ces gens qui refusent à s’interroger sur les causes, et continuent avec une application suicidaire à ne prendre en compte que les conséquences des conséquences à grands coups de coercition non contenue ; et qu’on ne vienne pas me dire que l’analyse de sous-sol de PMU d’Orange de cette benête d’Alliot-Marie peut tenir lieu de réflexion…


En troisième j’avais plus de plomb dans la tête, et j’étais loin d’éclairer le quartier, si vous me suivez…

Enfin, si elle veut donner l’image d’une idiote, libre à elle.


Les « autorités », dont on attend rigueur, responsabilité, honnêteté et humilité tapent sans vergogne dans des comportements inverses, et sont tellement débordées de partout qu’il leur faut vite vite des nouveaux méchants identifiables mais invisibles (note…), soit en l’occurrence une bande de gens ayant des idées contraires, et violemment, si ce n’est efficacement contraires à celles du pouvoir, auteurs éventuels de faits divers (de simples faits divers, note encore…), simples actes de malveillance (qui se poursuivent depuis leur arrestation sans que ça ne fasse plus la moitié d’une une, note toujours), devenus par la magie du Parquet des actes de terrorisme (note enfin que si le terrorisme consistait à foutre dix fois par an un train en retard, je serais assez jouasse…).

Bref, le pouvoir use de bonnes grosses ficelles bien risibles et assez pathétiques. Faut aussi dire qu’on est plutôt habitués, ce serait un abus que de faire les étonnés.


Je me dis que cet événement sert très fort la contestation, en tant que preuve, s’il en fallait, du fait que le gouvernement doit tout de même avoir sacrément peur de son bon vieux peuple pour en arriver à un tel niveau d’incompétence et d’incohérence.


Ouais. Ça fait plutôt rire qu’autre chose, quoi.


Au secours, un anarchiste me gratte le pied.


18 nov. 2008

Kawabunga!


(Texte manuscrit du 10 juin 2007
)

Car ils nous surveillent, ou du moins font semblant de la faire pour nous effrayer. Cela veut dire qu’ils le feraient s’ils le pouvaient. Et si du moins ce moment n’est pas arrivé, je ne doute pas de sa proximité. Question de technologie.
Car écrire, vivre et penser ne signifie rien dans une vie dont le but avoué est d’avoir peur. De l’insécurité, des immigrés, des leurs enfants français, de leurs petits-enfants français, du chômage, du RMI, des anarchistes, des islamistes, des poulets élevés en plein air, de la stérilité, de la crise (placer ici l'adjectif qui te fait peur) , de la pauvreté, de la surpopulation, du choc des cultures, des jeunes, des pédophiles, des communistes révolutionnaires (alors que franchement…), des arnaques, des voisins, des virus… de l’échec… de la culpabilité, même…

Être bien. Être heureux. Calmement. On ne t’en demande pas plus. Ne rien penser, ne pas poser de questions fatigantes entravant la jouissance consumériste, croire aux constructions matérielles et intellectuelles de l’humain, comme fin en soi, être ferme et n’avoir d’autre doute que celui que l’on attend de l’homme heureux qui hésite entre deux fournisseurs de chaînes câblées. Être positif et répandre par des calins gratuits autour de toi la bonne parole, accepter le culte des valeurs de la République vendues par toutes les agences de com’ du pays. Combattre la déprime, acheter des magaz
ines avec des pubs ciblées pour tes besoins en plastique, lire Le Monde et garder la foi.

Tu dois faire tout ça. Tu dois y croire. Dur comme Rideau de Fer.

Sinon, ils risquent de repérer que tu débordes. De te guetter.

C’est leur métier. Ils ont toujours été là. Du jour où un pouvoir a voulu se survivre à lui-même, pour dire si ça remonte, ils étaient là. C’est leur métier. Te surveiller. Ils ne s’en rendent pas toujours compte. Parfois si. Quelques juifs des années 40 peuvent en témoigner (mais plus beaucoup, efficaces, les guetteurs…).

Parfois, ils te détruisent.



Ils n’ont pas le droit. Et s’ils prétendent l’avoir, il faut leur nier de l’avoir.

Oui, ils mentent, ou en font mentir
d’autres, médiatiques, ou simples voisins. Et comme chacun d’entre nous est heureux, positif, aime sa boîte, il les croira, ou fera semblant.

Et les journaux, dans vingt ans encore, écriront ton nom pour faire peur aux enfants. Ou pour les endormir. Très profondément.


Alors les enfants auront peur et ils te diront qu’ils vont agir pour la sécurité des enfants. Et les enfants deviendront heureux et positifs. Et performants. Ils grandiront et protégeront leurs enfants à leur tour. Et tous les lâches, les croyants laïques ou non, les ignorants volontaires, couleront des jours heureux, à l’ombre écrasante de la citoyenneté durable.


17 nov. 2008

Putain, encore un film...


The Host (un film Sud-Coréen de Bong Joon-ho)



Enthousiasme mesuré, mais enthousiasme.


Déroutant pour plusieurs raisons. Les personnages, d’abord, une famille assez pathétique, anti-héros de base, plongés dans la tourmente où bien sûr ils se révèlent, héroïques ; voire trop. Pour le moment c’est classique, mais même ce relatif poncif est amené avec finesse. Car la seconde qui suit la révélation, le membre de la famille qui venait de se révéler comme un grand courageux redevient une fiente. Un autre prend sa place. Un seul personnage ne saurait tenir la distance tout le long du film face au monstre. Ils ne savent pas être simultanément des héros. Seule la plus jeune, Hyun-Seo, bien que traitée à la même enseigne pour ce qui est de l’héroïsme, n’est par contre jamais pathétique, contrairement au reste de ses proches.


Bon, l’histoire, c’est du formol dans une rivière, hop, et six ans plus tard se pointe un monstre mutant qui mangerait bien quelques gambettes de Coréens. Scènes de panique excellente, sans avoir besoin d’être grandiloquentes (aaaaaaah mon dieu John, New York est en flammes en image de synthèses ! aaaaaaaah Cindy New York est en ruines en images de non-moins synthèse –cf. le ridicule à plus d’un titre « Je suis une légende », Will Smith, depuis Indendance Day ayant souvent tendance à jouer dans « le film le plus chiant de l’année »).


Mais revenons à nos scènes de paniques dans lesquelles les gens ne sont pas qu’une foule innocente terrifiée, mais bien une sacrée bande de crétins, comme seule une foule paniquée sait être violemment bête. La bête, justement, jolie, apparaît tôt dans le film, fait son boulot de prédatrice, sans être maléfique, sans qu'on la plombe de jugements moraux. Elle, elle est là pour se nourrir et c’est tout, et c’est bien exprimé. Même si on la voit beaucoup et très tôt dans l’histoire, elle est surtout une toile de fond pour les démêlées de la famille phare du film. Une famille dont le fils tient un snack minable avec le père, dont la sœur est capturée par le putain de streumon, un frère alcoolique MAIS diplômé et méprisant, une sœur championne de tir à l’arc, et qui méprise un peu à tout va aussi.

Sympa, le réalisateur nous envoie avec un coup de coude entendu dans les côtes sur tout un tas de fausses pistes et brode un max sur une histoire de virus lié au monstre, sur « l’agent jaune », un décontaminant américain qui va être utilisé dans des conditions très troubles, sur un pseudo-complot à grande échelle des Etats-Unis sans jamais les résoudre ou en donner la chute, et sans que ce soit frustrant, ce qui est un exploit. Bien sûr, les héros vont nager dans ces histoires comme moi en slip sur la banquise sans brosse à dents (pour les fans de Steven Seagal). Bref, on se fait bien mener en bateau, et c’est cool.


Vieux mélange de genres, on passe de la mort du père, dramatique bien comme il faut, à des scènes incongrues et délirantes, des faces ahuries dignes des plus mauvaises comédies asiatiques. Un film à voir !


Quelques lectures intéressantes du film sur Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Host